Nous remplacera-t-elle un jour ?
Soyons honnêtes, la question nous a tous traversé l’esprit. L’IA impressionne, parfois inquiète. Elle automatise, elle accélère, elle transforme. Et oui, elle bouscule déjà certains métiers.
Mais pour le magasin, j’ai eu envie de poser un autre regard. Un regard plus concret, plus opérationnel, plus humain aussi. Une réflexion inspirée par une table ronde organisée par l’un de nos partenaires, Findle.
Aujourd’hui, il est impératif de faire mieux avec sens. Et c’est autour de cette conviction que je souhaite ouvrir le débat.
Place au « faire mieux avec sens »
L’excellence opérationnelle n’a jamais cessé d’être un sujet. Mais dans un contexte de faible croissance et de tensions durables sur la performance, elle s’impose aujourd’hui avec encore plus de force.
Les nouveaux outils technologiques, et notamment l’IA, offrent des leviers puissants pour gagner en précision, en réactivité et en flexibilité. Pour autant, ces outils ne produiront d’effets durables que si les équipes s’en emparent réellement. D’autre part, face aux difficultés de recrutement et de fidélisation, l’enjeu est aussi de redonner envie de rejoindre et de rester sur le terrain du magasin.
C’est donc naturellement que le « faire mieux avec sens » se place comme un enjeu central. Travailler l’excellence opérationnelle ne suffit plus. Il faut redonner du sens aux pratiques quotidiennes et à l’usage des nouveaux outils pour transformer la performance attendue en réalité concrète. Car la technologie et l’agilité, aussi indispensables soient-elles (exemple : pour identifier les ruptures, ajuster ou corriger en temps réel), ne produisent d’impact durable que si les équipes se les approprient pleinement.
Donner du sens, c’est permettre à chacun de comprendre pourquoi les choses sont faites, dans quel ordre, de quelle manière, et comment chaque action s’inscrit dans un projet collectif.
C’est précisément là que la subsidiarité prend tout son sens : des collaborateurs sur le terrain, au plus près de la réalité, qui agissent et décident dans un cadre clair, partagé et compris par tous. Une approche qui transforme le sens et l’engagement en action concrète et durable.
Poser le cadre pour libérer l’initiative
Pour que les collaborateurs décident efficacement au plus près du terrain, encore faut-il leur donner les bons repères. Et surtout, les bonnes informations.
Deux leviers deviennent alors essentiels.
L’IA comme copilote du quotidien
Opposer l’humain et l’intelligence artificielle n’a, selon moi, aucun sens. L’IA doit avant tout être pensée comme un copilote. Un appui. Un accélérateur de discernement.
Concrètement, elle :
- Facilite la prise de décision en temps réel. En analysant et en synthétisant un volume important de données, l’IA aide l’employé ou le manager à décider plus vite et plus justement.
- Sécurise la prise de risque. Elle confronte l’intuition du terrain aux tendances globales et améliore la cohérence.
- Libère du temps au cerveau. En automatisant les tâches administratives et en formulant des recommandations, elle redonne du temps à l’humain pour ce qui compte vraiment.
Ainsi, la décision finale reste toujours humaine. Et c’est un point clé.
C’est d’ailleurs le choix que nous avons fait chez TimeSkipper. Notre solution accompagne les managers au quotidien dans leurs décisions d’organisation et d’allocation des heures. Nous proposons des recommandations, des scénarios, des éclairages. Mais nous laissons volontairement la main au manager. À lui d’arbitrer, d’ajuster, de décider.
La formation comme vecteur de sens et d’autonomie
Cette transformation technologique bouscule les habitudes et appelle une nouvelle manière de manager. Les collaborateurs doivent s’approprier les outils digitaux, faute de quoi ces technologies, pourtant conçues pour améliorer leur quotidien et la performance du magasin, risquent d’être délaissées… ou exploitées par des concurrents prêts à les adopter.
Le manager de 2026 joue ici un rôle central. Il doit accompagner ses équipes, développer leur autonomie et leur donner les moyens de décider par elles-mêmes, au bon moment.
Concrètement, cela implique de :
- Fournir les formations nécessaires pour que chacun dispose des compétences utiles pour agir.
- Garantir le droit à l’erreur : sans droit à l’erreur, pas d’initiative. Sans initiative, pas d’innovation locale.
- Donner du sens : expliquer le « pourquoi » pour permettre à chacun d’adapter intelligemment le « comment ».
- Clarifier les priorités : le brief du matin devient alors un moment clé pour poser le cap et guider les décisions rapides de la journée.
La “Dream Team” au cœur de la performance
Le « faire mieux avec sens » résonne particulièrement avec la vision portée par Alexandre LOIZEAU lors de notre conférence à Tech for Retail. En plaçant la formation au cœur du magasin, on redonne effectivement du pouvoir d’agir au terrain. Et on répond à la quête de sens des nouvelles générations ! Résultat ? Des équipes plus autonomes, plus engages et plus réactives.
Conclusion : l’excellence opérationnelle de demain
Nous remplacera-t-elle un jour ? La question ouvrait cet article, presque instinctivement. En le refermant, ma conviction est telle que l’IA ne remplace pas l’humain en magasin, mais le révèle. Il garde le contrôle de son exploitation.
L’excellence opérationnelle ne répond plus uniquement à un objectif économique ou technique. En reconnectant stratégie, outils et réalité du terrain, nous pouvons en effet faire mieux avec du sens. Non seulement pour affronter les défis à venir, mais surtout pour créer des environnements où l’autonomie reprend sa place… et où chaque heure compte vraiment.


