Tech for Retail en fin d’année, NRF de New York, puis Euroshop… Vous n’avez pas pu passer à côté tant on a pu en entendre parler ! L’ensemble de ces salons, en cette fin et début d’année, sont le témoignage qu’une vague d’innovations déferle dans le secteur du retail et plus spécifiquement sur les points de vente.
Et je dois avouer que, quand on regarde tous les exposants, on ne sait plus où donner de la tête. Car partout sont présentées des innovations avec des promesses plus ou moins spectaculaires…
Mais en y regardant de plus près, une question me reste en tête : dans toutes ces innovations, si je devais n’en retenir que quelques-unes, lesquelles seraient-elles ? Quelles seraient finalement celles qui permettraient d’améliorer concrètement les opérations en magasin ?
Parce qu’au final, c’est bien beau les promesses produits, encore faut-il qu’elles soient tenues. Rien ne sert de mettre de la technologie pour mettre de la technologie ! Il faut qu’elle soit au service du commerce et des collaborateurs pour mieux servir, exécuter, piloter et mieux utiliser chaque heure de travail sur le terrain.
Pour vous, j’ai donc décidé de faire le tri.
Voici donc, selon moi, 5 innovations retail qui vont changer la donne dans la conduite des opérations en magasin ces prochaines années.
La RFID fait peut-être (enfin) route vers les rayons frais alimentaires ?
L’année dernière Walmart avait annoncé son partenariat avec l’acteur Avery Dennison. En ligne de mire : « mettre au point et tester une technologie de capteurs inédite permettant d’introduire des étiquettes RFID au rayon boucherie. » [1]
Je vous vois venir… qu’est-ce qui change la donne ?
La RFID n’a en soit, rien de nouveau ! Elle est déployée dans le textile depuis plusieurs années… Oui, serais-je tentée de vous répondre, c’est bien le cas. Toutefois dans l’alimentaire, si des tests ont été effectués des années en arrière, la technologie n’a jamais convaincue. En cause, son prix trop élevé par rapport aux faibles marges générées par les produits vendus.
Mais aujourd’hui cela semble être différent ! Pourquoi ?
- Un, Avery Dennisson et Walmart ont créé des étiquettes RFID résistantes aux zones froides et humides. Avant, les ondes radios émises dans ces zones étaient brouillées.
- Deux, contrairement aux produits secs avec des faibles marges, les produits frais et par exemple ici le rayon boucherie, ont des marges plus élevées.
- Enfin, trois, ajoutez la problématique de la gestion des dates, de la fraîcheur des produits et des inventaires et vous obtenez toute la pertinence de cette solution.
En tout cas Walmart en est convaincu ! Cela fait partie de sa stratégie pour respecter son objectif de diminution de moitié du volume de pertes et de gaspillages d’ici 2030 ! [2]
Pour vous l’illustrer et mieux comprendre le mécanisme, j’ai trouvé une vidéo de Je Bosse en Grande Distribution à EuroShop. Un collaborateur nous en fait la démonstration.
Pour ceux qui préfèrent la lecture, voici un petit résumé :
- Doté d’un terminal mobile, l’inventaire des produits frais est fait en quelques minutes. Pour un rayon, il faut compter cinq minutes.
- Les produits à retirer apparaissent instantanément en rouge.
- Puis, toujours équipé d’un appareil mobile, le collaborateur les localise et les retire du rayon facilement.
Au-delà du gain de temps généré pour les inventaires, c’est toute la gestion des produits périssables qui est améliorée : stocks plus fiables, meilleure maîtrise des dates, réduction des pertes… in fine une meilleure fraîcheur des produits.
La RFID n’est bien évidemment pas la seule réponse aux problématiques de gestion des dates courtes, du stock de produits et de la gestion de la démarque/ casse. Des solutions qu’on ne cite d’ailleurs plus telles que Smartway le font aussi. Elle propose même désormais la fonctionnalité de “smart reduction”. Elle suggère des remises personnalisées, adaptées au produit et à son rythme de vente, et ce grâce à l’intelligence artificielle.
[1] : https://www.packagingdive.com/news/avery-dennison-walmart-rfid-fresh-meat/803616/
[2] : https://www.packagingdive.com/news/avery-dennison-walmart-rfid-fresh-meat/803616/
L’intelligence artificielle en caisse : fluidifier est le maître mot
Gains de temps pour la recherche produits
Quand on fait ses courses, deux passages sont obligatoires. La balance pour peser ses fruits et légumes et la caisse. Leur point commun ? L’attente. Et cet irritant peut vite s’accentuer lorsque les fruits ou les légumes n’ont pas été pesés, obligeant la caissière à reprendre l’opération… et à chercher le code barre.
Et c’est justement pour gérer ces produits sans code-barre que la solution FreshAI de Mettler Toledo [4] a été conçue. Et elle est déjà déployée dans l’enseigne Albert (Ahold Delhaize) en République Tchèque.
Son fonctionnement est simple. Le système repose sur une caméra intégrée à une caisse ou une balance. Grâce à la reconnaissance visuelle et à l’entraînement continu de l’intelligence artificielle, elle détecte instantanément les fruits, légumes, fruits à coques ou articles de boulangerie. La caméra continue assurément d’apprendre au fur et à mesure que des produits sont ajoutés dans le rayon.
Avec un taux de précision de 99 % sur les trois premières suggestions, cette technologie élimine la mémorisation des codes PLU par les collaborateurs et facilite l’onboarding du personnel intérimaire.
Aujourd’hui la solution va même plus loin. Elle est capable d’identifier différents types de produits contenus dans un même sac. Résultat : le client passe moins de temps à trouver les produits sur la balance, et en caisse les clients ou les collaborateurs peuvent directement identifier et peser les produits sans code-barre, évitant ainsi des frictions liées à l’attente.
[4] : https://retail-optimiser.de/en/albert-speeds-up-checkout-with-ai-powered-item-recognition-from-mettler-toledo/
Réduire la démarque inconnue simplement
Si des caméras existent déjà pour détecter les comportements anormaux en magasin et déclencher des alertes pour le personnel de sécurité, c’est la manière de faire qui est ici, novatrice.
En effet, l’innovation portée par Netto Marken-Discount avec Trigo Vision permet de sécuriser les self-checkouts sans une intervention d’un membre de la sécurité.
Sans utiliser de données biométriques, la solution repère en temps réel les articles non scannés à l’achat ou les erreurs de substitution aux caisses. Le côté malin réside dans le traitement de ces anomalies. Car oui, plutôt que d’alerter immédiatement la sécurité, le système propose une « auto-correction » au client. Une approche qui règle 80 % des anomalies sans intervention humaine conflictuelle. C’est plutôt malin !
[5] : https://www.trigoretail.com/
Le data-store : quand l’infrastructure devient intelligente
Pour la quatrième innovation, je n’ai pas eu envie de parler de marques ou de produits. Même si cela aurait été tentant, je vous l’accorde. Facilitation du processus de mise en rayon avec des meubles rotatifs, des centres de préparations nano-commandes, des PLV dépliables en quelques secondes… Il y a de quoi faire !
Cependant, je trouvais important de parler d’une évolution majeure. Elle a débuté depuis plus de cinq ans maintenant, mais aujourd’hui, cela devient effectif : le magasin intelligent.
Par exemple, les étiquettes électroniques sont déjà bien installées dans de nombreuses enseignes. Ce qui change aujourd’hui, ce n’est pas tant leur existence, mais plutôt leur rôle.
On assiste en effet, à un passage d’un magasin simplement connecté à un point de vente piloté par la donnée. Les équipements ne se contentent plus d’afficher une information, ils deviennent des capteurs intégrés dans un système global.
Les étiquettes électroniques ont évolué vers des dispositifs capables de remonter des informations de stock. Les capteurs environnementaux surveillent en continu les conditions de conservation. Les magasins devenant également pour certains des hubs logistiques et des technologies plus discrètes encore (ex : tunnels RFID) permettent de suivre les flux produits sans intervention humaine.
Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que la donnée n’est plus traitée en silos.
L'exemple du data-store de Walmart est particulièrement révélateur
Les informations issues de la RFID, des ventes physiques ou e-commerce ou de la logistique sont intégrées dans un système commun, accessible à l’ensemble des équipes. Le point de vente, la supply chain et les fonctions support partagent désormais une même lecture de la réalité. Cette unification permet d’éviter les décisions contradictoires, d’améliorer la réactivité et de mieux coordonner les actions.
On passe d’un magasin qui constate à un celui qui alerte, puis à un celui qui anticipe. Et cette capacité à disposer de la bonne information, au bon moment, pour la bonne personne, transforme profondément la manière de piloter les opérations.
Orchestrer l’ensemble des données pour maîtriser les opérations en magasin
Enfin, la cinquième innovation réside dans l’orchestration des opérations. Car si toutes les technologies évoquées précédemment produisent de la valeur, encore faut-il être capable de les faire fonctionner ensemble… et surtout de transformer les données et alertes qu’elles génèrent en actions concrètes. Sans cela, elles n’ont aucune valeur. Pire, sans cadre, elles peuvent vite devenir une usine à gaz.
C’est précisément le rôle des solutions de pilotage d’activité. Elles modélisent la charge de travail, ajustent les ressources en temps réel et priorisent les tâches à forte valeur ajoutée en fonction des priorités et des aléas du quotidien. En centralisant les données issues des différents outils, elles garantissent surtout leur bonne transformation en actions sur le terrain. Et l’impact est loin d’être marginal : sans pilotage précis, jusqu’à 30 % du temps en magasin peut être mal utilisé.
Mais à mesure que le pilotage devient plus fin et plus réactif, il doit aussi se rapprocher du terrain.
C’est là que la mobilité prend tout son sens.
Les collaborateurs reçoivent leurs missions individuelles et actualisées en temps réel, en fonction de l’activité et des priorités du magasin. Ils savent alors quoi faire, quand, et peuvent ajuster en fonction de ce qu’ils observent, tout en partageant l’information avec le reste de l’équipe. On passe alors à un pilotage proactif et réactif, où chaque décision s’appuie sur des données actualisées, partagées… et immédiatement actionnables. Et c’est précisément ce que permet de faire TimeSkipper !
Conclusion : tendance à une transformation opérationnelle
Ce que je retiens de ces cinq innovations, c’est qu’elles ne relèvent pas d’une vision futuriste du magasin, mais d’une transformation très concrète de son fonctionnement.
Le point de vente devient plus précis, plus réactif, mieux coordonné. La RFID sur le frais apporte une visibilité plus fine sur les stocks. L’intelligence artificielle fluidifie les points de friction. Le data-store évolue vers un système de décision décloisonné. Et l’orchestration permet de donner du sens à l’ensemble.
Le magasin de demain ne sera donc pas seulement technologique, il sera surtout mieux piloté. Et dans un contexte où chaque heure compte, c’est probablement là que réside la différence entre une innovation intéressante… et une véritable transformation opérationnelle.
FAQ : innovations retail pour les opérations magasin
Pourquoi la RFID est-elle désormais pertinente pour le rayon frais ?
Longtemps boudée en raison de son coût et de contraintes techniques, la RFID fait son retour dans l’alimentaire grâce à trois facteurs clés :
- Résistance accrue : De nouvelles étiquettes supportent désormais les zones froides et humides sans que les ondes ne soient brouillées.
- Rentabilité : Les marges sur les produits frais (comme la boucherie) sont plus élevées que sur les produits secs, justifiant l’investissement.
- Gestion optimisée : Elle permet de réaliser un inventaire complet en 5 minutes et d’identifier instantanément les produits périmés.
Comment l'IA aide-t-elle à réduire l'attente en caisse pour les produits sans code-barres ?
Des solutions comme FreshAI utilisent la reconnaissance visuelle pour identifier automatiquement les fruits, légumes, fruits à coque ou articles de boulangerie sur la balance ou en caisse.
- Le système propose des suggestions avec une précision de 99%.
- Il élimine le besoin pour le personnel de mémoriser les codes PLU.
- Il peut même identifier plusieurs produits différents dans un seul sac.
Qu'est-ce que l'auto-correction pour lutter contre la démarque inconnue ?
Plutôt que d’alerter systématiquement la sécurité en cas d’erreur aux caisses automatiques, le système (déployé par Netto avec Trigo Vision) propose au client de corriger lui-même l’oubli.
Cette approche « maligne » permet de régler 80% des anomalies sans intervention humaine ni conflit.
Qu'est-ce qu'un "Data-Store" (magasin piloté par la donnée) ?
C’est un magasin où les équipements (étiquettes électroniques, capteurs, tunnels RFID…) ne sont plus de simples afficheurs, mais des capteurs intégrés qui remontent des informations en temps réel.
- Les données ne sont plus traitées en silos, mais unifiées dans un système commun accessible à toutes les équipes.
- L’objectif est de passer d’un magasin qui constate à un magasin qui anticipe les besoins.
Quel est l'impact d'un mauvais pilotage de l'activité en magasin ?
Sans un outil d’orchestration pour centraliser les alertes et prioriser les tâches, l’innovation peut devenir inefficace.
- On estime que jusqu’à 30% du temps de travail en magasin peut être mal utilisé sans un pilotage précis.
- Des solutions comme TimeSkipper permettent de transformer ces données en tâches individuelles actualisées en temps réel pour les collaborateurs


